École Jean-Marie Guilloux  /  Port-au-Prince

École Jean-Marie Guilloux avant le séisme de 2010, vue de la cathédrale de Port-au-Prince

LA  DOYENNE  DES  ÉCOLES  F.I.C.

▶ La première fondation en 1864 a eu lieu à Port-au-Prince et Jean-Marie Guilloux est la doyenne de toutes les écoles FIC en Haïti, même si l'emplacement a changé plusieurs fois, et si le nom n'a pas toujours été celui-là.

▶ Le nom actuel date de 1920 et l'école a été transférée à son emplacement actuel en 1924, à la loge du Grand-Orient, en présence du Président Louis Borno.

▶ Sur la demande de la DGEN (Direction Générale de l’Éducation Nationale) en 1942 et fortement encouragés par le F. Directeur Principal, les Frères, fondent « TI-JEAN », petit journal de l’école, brillamment illustré par le F. Séraphin Muriel. Les meilleurs élèves des classes du certificat y collaborent avec enthousiasme et leur apport n’est pas négligeable. La grande presse fait bon accueil à « TI-JEAN » qui conquiert très vite la sympathie du public puisque dès le 2e numéro le tirage atteint 1100 exemplaires. Le N° 3 sera tiré à 1800 exemplaires.

▶ L'école a été rénovée et modernisée plusieurs fois

▶ En 1951, le Président Magloire visite l'école, encourage et félicite frères, professeurs et élèves pour la bonne marche de Jean-Marie Guilloux.

ÉVÉNEMENTS  RÉCENTS  ET  ORGANISATION

▶ 12 janvier 2010, le séisme détruit complètement un bâtiment de deux étages de l’école Jean-Marie Guilloux et abîme le bâtiment principal qui devra être rasé.

▶ Le bilan est lourd : quatre morts, le bâtiment des classes à raser, plus deux laboratoires d’informatiques et deux salles de musique détruits. Six enseignants, ne pouvant continuer la mission, abandonnent l’école.

▶ De avril 2010 à juin 2011 : Jean-Marie Guilloux loge dans des abris temporaires aménagés par la FAES.

▶ 5 octobre 2011 : inauguration du nouveau Jean-Marie Guilloux. La construction a été financée par la « Food for the Poor ». C’est la première école du centre ville à être reconstruite après le séisme.

▶ L’École Jean Marie Guilloux, aujourd’hui comme par le passé, vise la formation d’un citoyen imprégné des valeurs humaines et spirituelles. Elle est actuellement encadrée d’un staff formé de professeurs jeunes, très dynamiques, et des anciens, fidèles à la tradition léguée par leurs devanciers.

▶ Le corps professoral compte douze enseignants et trois stagiaires, pour les 12 classes du primaire.

▶ Pour la rentrée scolaire 2013, l'école ouvre le 3e cycle  fondamental avec une classe de 7e AF, que les parents attendaient impatiemment.

École Jean-Marie Guilloux rasée et entièrement reconstruite après le séisme de 2010.

ANIMATION

▶ Un comité de parents se réunit une ou deux fois le mois, pour aider à gérer et coordonner tout ce qui concerne la bonne marche de l’école. Des anciens élèves, nous soutiennent également dans nos projets.

▶ Aujourd'hui l'école assure des cours d'informatique, de sport, de musique pour toutes les classes.

▶ L'école s'engage activement dans la vie de l'Église. Cette année, Année de la Foi, des journées de récollection et de retraite ont été organisées tant pour les élèves que les professeurs. Chaque dimanche, un niveau participe à la messe. À Noël et en Carême, nous organisons une campagne de charité. Des groupes de première communion (niveau 4 AF), et de confirmation (niveau 6 AF), se  préparent chaque année à l’École.

▶ Nous essayons de notre mieux à être " ardents pour le Seigneur, solidaires les uns les autres et excellents au travail. "

JEAN-MARIE GUILLOUX À  TRAVERS  LES  ANS

150 ans  d'histoire

(À partir des annales de l'école et d'un texte du Frère Raphaël Berrou.)

À leur arrivée à Port-au-Prince, le 13 mai 1864, les 4 Frères furent reçus à l’archevêché.

Puis ils séjournèrent également à Pétion-Ville, dans la maison des séminaristes.

 

Premier lieu : 1864 - 1865 (un an et demi)

Angle de la rue Pavée et de la rue du Réservoir.

À la fin de juillet 1864, les quatre Frères prirent possession d’une maison que le Gouvernement haïtien mettait à leur disposition pour servir d’école. Ils la trouvèrent bien petite et peu fonctionnelle. Enfin!... Avant d’ouvrir les classes, ils durent acquérir ou faire fabriquer le mobilier nécessaire. Ce qui retarda encore la rentrée.

La bénédiction de l’école eut enfin lieu le 3 octobre. Ce fut une grande fête. Elle réunit autour des quatre Frères, Mgr l’Archevêque et son Vicaire général ; M. le Ministre de l’Instruction Publique, le général Damier ; de hauts fonctionnaires de l’État, des membres du clergé ainsi que les tout premiers amis des Frères.

L’école débuta à la satisfaction de tous, dans le travail et la discipline. Après deux mois et demi de classe, les élèves des Frères subirent, comme tous les élèves des écoles de Port-au-Prince, les examens officiels de fin d’année. Les membres de la Commission Centrale de l’Instruction Publique se déclarèrent surpris et même émerveillés par les résultats obtenus en si peu de temps par l’école des Frères.

À l’époque, les grandes vacances commençaient en Haïti à la Noël et s’allongeaient jusqu’au premier lundi de février (Six semaines de "grandes vacances").

Pour l'année 1865, première année complète, les résultats obtenus furent remarquables. Si remarquables que M. le Ministre de l’Instruction Publique en écrivit au Supérieur Général, le Rvd F. Cyprien, pour le féliciter de la belle œuvre qu’accomplissaient, en Haïti, les Frères de Ploërmel.

 

Deuxième lieu : 1866 (3 mois)

Bas de la rue Pavée - Détruit par l'incendie du 19 mars 1866 (Premier incendie de l'école)

À la fin de 1865, l’école des Frères dut changer de local. Elle fut transférée dans une maison qu’occupait précédemment l’école lancastérienne. Les Frères ne perdirent pas au change. Ce bâtiment était en effet moins exigu que leur première école.

Mgr du Cosquer célébrait la messe en la chapelle des Sœurs de la rue Pavée, en la fête de Saint-Joseph, leur saint Patron, quand, au moment de la communion, éclata au dehors le cri : " Au feu! Au feu! " L’incendie qui venait de s’allumer à Madeleine, allait réduire en cendres le tiers de la ville de Port-au-Prince. La maison des Sœurs, leur chapelle et tout leur mobilier furent dévorés par les flammes. Il en alla de même pour les Frères. Ils perdirent tout, tout, excepté ce qu’ils portaient sur eux. La rumeur publique accusa le parti de Salnave d’être responsable de l’incendie du 19 mars.

 

Troisième lieu : 1866 - 1867 (1 an et demi)

Haut de la rue des Casernes - Construit par le gouvernement Geffrard, repris par le gouvernement Salnave.

Pour les Frères tout était à recommencer. Le Gouvernement décida de bâtir pour les Frères une maison d’école dans la partie haute de la rue des Casernes. Le F. Clément lui-même en dressa le plan. Elle devait avoir un étage. Mais le Gouvernement Geffrard recula devant les dépenses et se contenta de mansardes.

Les Frères s’y installèrent de leur mieux, réservant le rez-de-chaussée pour les classes. Après quelques mois de vacances forcées, les Frères reprirent le travail. Tout alla au mieux, puisque Mgr Guilloux écrira : "… l’école ne tarda pas à devenir la première école primaire de la ville."

Le 14 juin 1867, le général Salnave fut élu Président d’Haïti, pour 4 ans.

 

Quatrième lieu : 1868 - 1869 ( 2 ans)

Rue de la Révolution - Détruit par un deuxième incendie pour l'école, en 1869

Au début de 1868, les Frères se virent enlever leur maison d’école de la rue des Casernes, que le Gouvernement de Geffrard avait fait construire pour eux, pour y installer la chambre des députés. Une nouvelle maison fut mise à leur disposition, à la rue de la Révolution, aux abords de la place du Gouvernement. Ils continuèrent à y faire la classe, malgré les jours troublés de l’époque.

En 1869, cette vieille maison, devenue leur nouvelle école, sera la proie des flammes : deuxième incendie qui détruit l'école.

Les Frères prirent le bateau à la fin de l'année scolaire pour rentrer en France, excepté le F. Corentin que Mgr Guilloux fit entrer comme professeur au petit séminaire, où on lui confia l’enseignement du français à un groupe d’élèves, pour les préparer à leur entrée en sixième.

 

Cinquième lieu : 1872 - 1883 ( 11 ans)

"La Maison Soulouque" - Entre rues des Césars et de Bel-Air - Détruit par un troisième incendie

Trois Frères reviennent à Port-au-Prince en 1871, et le Gouvernement leur accorda une partie d'une maison sise rue du Centre, entre la rue des Césars et celle de Bel-Air. L’autre partie du bâtiment était occupée par une école de demoiselles dirigée par Mme Décatrel. Cette maison avait été la résidence de l’Empereur Soulouque.

Quand les Frères allèrent voir leur école, ils n’y trouvèrent  que des salles vides. A ce propos, Mgr Guilloux écrit : " La situation du pays, à la suite d’une révolution qui avait laissé tant de ruines, était telle que pour le moment on ne peut mettre à leur disposition aucun mobilier. "

Les trois Frères s’y installèrent tout de même. Ils empruntèrent trois matelas et prirent, avec autorisation, trois chaises à l’église… C’était bien la peine de revenir !

L’école s’ouvrit le 24 janvier 1872, avec un effectif de 230 élèves, répartis en 3 classes, alors que les salles n’en pouvaient prendre raisonnablement qu’une quarantaine. Comme mobilier, rien que des bancs… Du provisoire ? Oui, mais qui dura 3 ans.

En 1875, toute la maison Soulouque fut mise à la disposition des Frères. Ce qui permit d’élever le chiffre des effectifs à 400. Mais ce qu’on appelait la cour n’était qu’un véritable "lakou". Comment faire partir tout ce monde-là, pour que les enfants puissent jouer et se détendre ? En 1877, les Autorités entrèrent enfin en action. Et voici les Frères libres et maîtres chez eux. Ils avaient déjà travaillé à une meilleure distribution de toute la maison. Le Gouvernement leur avait versé 500 piastres pour aider à l’aménagement du bâtiment et Mgr y alla de son obole. Et l’école de la "Maison Soulouque" devient avec 500 élèves la plus grosse école primaire de Port-au-Prince et de la République, en moins de 5 ans.

L’agrandissement de l’école, "maison Soulouque", permit d'y ériger une chapelle. Comme le nombre de Frères augmentait, cette mesure devenait presque nécessaire, d’autant plus que la retraite annuelle avait lieu dans l’établissement. Le Directeur Principal de la Mission résidait là également.

En 1879, une grande épreuve frappa soudainement la mission. Une épidémie de fièvre jaune allait éclaircir les rangs des Frères de Port-au-Prince.

En 1880, le F. Hermias, nouveau Directeur Principal, nomme auprès de lui le Directeur des Cayes, le F. Odile-Joseph, pour lui donner la direction de l’établissement de la "Maison Soulouque". A eux deux, ils vont l’établir à un haut niveau. La communauté comprenait alors 12 Frères. Le programme d’enseignement de l’école est celui de France, qui est exigé pour l’obtention du Diplôme d’études de l’enseignement secondaire spécial.

De nouvelles dispositions générales sont prises quant à l’établissement. C’est ainsi qu’il reçoit des externes (naturellement), mais aussi des pensionnaires.

Frère Hermias, Directeur Principal et Frère Odile-Joseph, qui vont donner un niveau d'excellence à l'école de la "Maison Soulouque"

 

A la rentrée scolaire de 1882, l’école du Centre fut mise sous le patronage de Saint-Louis de Gonzague. Aussi, le 21 juin 1883, l’établissement devait-il fêter solennellement son saint patron. Le Bulletin religieux en a laissé un beau compte rendu : " Rien n’avait été négligé de la part des chers Frères pour donner à la religieuse cérémonie une solennité qui laissât au cœur de leurs disciples les meilleurs souvenirs. La modeste chapelle ornée avec un goût exquis d’oriflammes aux diverses couleurs, invitait l’âme à respirer les doux et suaves parfums d’une fête chrétienne. Des chants, préparés avec soin, ont été exécutés avec entrain et à la satisfaction de tous. La musique de l’établissement, qui s’était déjà signalée à la fête du Sacré-Cœur, a fait entendre les plus beaux morceaux de son répertoire. M. le Vicaire général, si sympathique à l’œuvre des Frères, avait accepté de chanter la messe. Après l’Évangile, se tournant vers son jeune auditoire, il présenta dans une allocution des mieux senties le héros de la fête, avec son amour de la prière et de la pureté, comme protecteur et pour modèle aux 600 enfants suspendus à ses lèvres dans un profond silence et un religieux respect. La moitié communièrent en l’honneur de leur saint Patron...

Plusieurs membres du clergé rehaussaient la fête de leur présence. Mgr l’Archevêque lui-même, malgré son indisposition, voulut faire une apparition. Sa Grandeur, accompagnée de Mgr Ribault, arriva à la communion. Rendu au trône qui lui avait été préparé, le digne Archevêque, n’écoutant que son zèle ardent et son amour de prédilection pour les jeunes, trouva dans son cœur des paroles bien appropriées à la circonstance et qui redisaient bien haut ses réelles sympathies pour un établissement qui donne tant de consolation à la religion…"

Moins de deux semaines après cette fête qui fut pour les Frères un grand encouragement, l’incendie vient soudain consumer entièrement, pour la troisième fois, leur établissement. Voici comment le journal "Le Commerce" l’a relaté : " Mardi, à 2 h 15, le cri sinistre et toujours effrayant : au feu! au feu! se fait entendre. Les clairons sonnent, les cloches lancent dans les airs le tocsin. Tout le monde se met en mouvement, les magasins se ferment et la majorité des citadins se portent au lieu du sinistre, qui se trouve être la grande maison basse, située rue du Centre, ancienne propriété Soulouque, aujourd’hui école des Frères. Le feu avait éclaté dans le grenier de ce bâtiment et la flamme avait gagné le toit. Toutes les autorités étaient là. Le Président est arrivé en voiture et a parcouru à pied les rues en feu. Les prêtres, les pompiers, les étrangers, les citadins, les autorités, tous ont fait leur devoir. L’intrépide P. Weik, qui était à Pétion-Ville, est descendu à toute bride, pour prêter son concours, avec les pompiers du Petit-Séminaire, à l’extinction de l’incendie… Les pertes sont évaluées à 400 000 piastres (2 millions de francs)."

Le Bulletin religieux nous apprend que Mgr l’Archevêque, dès qu’il fut mis au courant du sinistre, descendit à cheval de Pétion-Ville, malgré son mauvais état de santé, afin de prodiguer ses conseils et ses consolations.

 

Locaux provisoires dans un sixième lieu : 1883 (quelques mois)

Banque Nationale et partie du Presbytère

Les Frères, au nombre de 12, furent accueillis à l’Archevêché. Ils y restèrent jusqu’à ce que l’État leur désignât un nouveau local. Mgr Guilloux pensait qu’il était très important de rouvrir au plus tôt leur belle école de la rue du Centre. Aussi sa Grandeur s’empressa-t-elle de présenter au Président de la République les FF Hermias et Odile-Joseph et de solliciter du Chef de l’État de mettre à leur disposition le local inoccupé de la Banque Nationale, pour y installer provisoirement leurs classes. Cette demande fut accueillie avec bienveillance par son Excellence. Une demi-heure plus tard, elle fit remettre par un aide de camp les clés de l’édifice à Mgr l’Archevêque.

M. le Vicaire général et curé de la cathédrale (Mgr Kersuzan en 1884) offrit d’aménager son presbytère, pour suppléer à l’insuffisance de la Banque à recevoir les effectifs de l’école des Frères. Dès le 13 août, la réouverture des classes se fit dans ces deux locaux assez voisins l’un de l’autre.

Les Frères avaient tout perdu. Ils regrettaient tout particulièrement leur cabinet de physique et leur beau musée d’histoire naturelle.

Des personnes généreuses vont leur venir en aide. Un négociant français, M. Demeuran, leur fit don de 100 piastres pour parer aux premières nécessités. M. Ch. Lahens, agent de la Cie Transatlantique, ouvrit une suscription qui recueillit des centaines de piastres à l’intention des Frères sinistrés. Des amis leur apportèrent du linge, des vêtements, des chaussures, des matelas, des meubles… Tout cela les aida en même temps à mieux supporter leur malheur…

 

Septième lieu : 1883 - 1924 (41 ans)

Angle Grand-Rue et rue Pavée - Un ancien théâtre.

Le pays était alors en pleine guerre civile. Le Gouvernement en lutte contre Bazelais était à bout de ressources. Il ne pouvait aider les Frères pécuniairement, pas même leur payer les arriérés de leurs traitements… Après un mois de démarches, le Gouvernement voulut bien offrir aux Frères pour leur école un théâtre désaffecté, en bois comme toujours.

Les Frères prirent donc possession de leur nouvel établissement. Ils vont le transformer, l’aménager. Ils commencent par la scène dont ils font une petite chapelle. Avec de vieilles coulisses, des planches qu’ils reçoivent, ils délimitent les classes par des cloisons provisoires. Avec le temps, ils vont faire de cette vieillerie de théâtre une maison avenante et presque fonctionnelle.

L’établissement était situé à l’angle de la Grand-Rue et de la rue Pavée, là où se trouvait le grand bâtiment de la Téléco, détruit lors du séisme de 2010. On l’appela "École-Théâtre" et les Frères, "Frères Théâtre". L’établissement assez vite se mit sur le pied de celui qui fut "la Maison Soulouque". Aussi, à la rentrée, le directeur se trouvait-il dans l’obligation de refuser des cartes d’admission... Les professeurs reconstituèrent tout doucement le cabinet de physique et le musée d’histoire naturelle ainsi que la musique.

L’établissement recevait des boursiers du Gouvernement et avait établi une classe payante : ce qu’on appela les "particuliers". Comment autrement les Frères auraient-ils survécu, puisqu’ils n’étaient pas payés ? Mais cette question de "particuliers" devait leur valoir bien des désagréments. Les inspecteurs condamnaient cette innovation, en la dénonçant comme une discrimination… Mais vu que les hauts fonctionnaires mettaient leurs fils dans la "classe particulière", on acceptera les faits comme une situation de tolérance.

Angle de la Grand-Rue et de la rue Pavée (Là où était le bâtiment de la Teleco, détruit lors du séisme de 2010

 

1884 : les Frères et les élèves de "l'École-Théâtre" assistent à la pose de la première pierre de la nouvelle cathédrale, toute proche de leur établissement.

1886 : Mgr Hillion, archevêque, témoigne de son attachement aux Frères à la fête de la distribution des prix à la fin de l'année scolaire. Les Frères avaient dressé un théâtre dans une cour (l’école n’en avait pas) que le Conseil communal avait mise à leur disposition. Mais ils durent cependant, à cause du nombre d’élèves et de leurs parents, faire deux distributions de prix : la première, le 21 et la deuxième, le lendemain. Mgr l’Archevêque assista aux deux fêtes.

Les élèves ont joué un drame en 3 actes, "La malédiction" : un épisode des guerres de Rodrigue pour chasser les Maures d’Espagne. Un beau succès. Une assistance de choix.

Mgr l’Archevêque présida la deuxième séance de distribution des prix. Il prenait une satisfaction visible à placer les couronnes sur le front  des heureux lauréats. "Répondant à un compliment que lui fit un élève, sa Grandeur en profita pour rendre un public hommage au dévouement des chers Frères, pour donner aux familles des félicitations et aux enfants, ses encouragements les plus chaleureux."

À cette date, 1886, l'école de la Grand-Rue – du Théâtre – était sans conteste la principale école primaire de la République avec ses 600 élèves.

Aussi, c’est avec beaucoup de peine que les Frères voyaient leurs "finissants" les quitter. Ils auraient aimé poursuivre leur formation. Et puis le "théâtre" était incommode, surtout à l’époque de la retraite où les Frères étaient les uns sur les autres. Pas de cour, pas de cuisine. C’est en plein air que les Frères improvisés cuisiniers préparaient les repas, les jours des saints exercices.

Toutes ces raisons portèrent le F. Directeur principal à décider la fondation d'un collège secondaire libre. Le projet fut très bien reçu, tant par le Gouvernement que par les autorités religieuses et naturellement par le Supérieur Général et son conseil. Les commerçants de leur côté applaudirent au projet et offrirent au F. Hermias leur généreux concours, en proposant de lui avancer des fonds.

C'est ainsi que dans le même îlot et voisine de "l'École-Théâtre" ouvrit en 1890, l'Institution Saint-Louis de Gonzague. Une partie des Frères de l'École de la rue du Centre quitta cet établissement pour former une autre communauté voisine et lancer la nouvelle Institution.

En 1891, la situation des Frères au "Théâtre" n’est pas très viable. La maison tombe en ruines. Les réparations demandées ne sont pas exécutées. Des améliorations sollicitées comme celle d’une galerie à l’ouest, sont rejetées. Le F. Hermias ne cessera de harceler le Gouvernement pour obtenir des améliorations.

En 1909, le Frère Néade, Directeur Principal adjoint et en communauté dans l'établissement se plaignait déjà de la localisation de l'école : "La Grand-Rue est devenue l'artère principale de la capitale avec une circulation bruyante et intense qui gêne considérablement les classes durant le jour et empêche le sommeil de la nuit d'être réparateur." L'automobile n'était pourtant pas encore connue dans les parages ni les klaxons et les musiques bruyantes des camionnettes.

En 1920 une cérémonie officielle est organisée à l'école pour marquer le changement de nom : l'école de la Grand-Rue, dite "École-Théâtre" s'appellera désormais ÉCOLE JEAN-MARIE GUILLOUX.

 

Huitième lieu : 1924 - 2009 (pendant 85 ans)

Rue Monseigneur Guilloux, près de la cathédrale - Dans la "loge" du Grand-Orient.

En 1923 un accord est conclu pour le transfert de l'école Jean-Marie Guilloux, près de la cathédrale. Le terrain avait appartenu à la loge maçonnique du Grand-Orient qui y avait fait une construction inachevée et en ruines...

L'installation officielle eut lieu en présence du Président de la République, son Excellence M. Louis Borno. Dans les milieux populaires "l'École-Théâtre" devint "l'École La Loge" ou carrément "La Loge"

L'école de "La Loge" avec ses trois niveaux de 1924 à 1945

 

Dans un premier temps l'école fonctionnera avec un rez-de-chaussée et deux étages, dans un grand bâtiment cubique, avec des salles disposées autour d'un hall central.

En 1945, le bâtiment se dote d'un troisième étage.

JEAN-MARIE GUILLOUX avec ses 4 niveaux avant sa destruction par le séisme du 10 janvier 2010

 

En 1985, un nouveau bâtiment sur deux niveaux est construit en bordure de la cour.

 

Locaux provisoires : 2009 - 2011 (deux années)

Neuvième lieu : Rue du Centre - Grand-Rue  (terrain de Saint-Louis de Gonzague)

L'école est détruite (pour la quatrième fois) par le tremblement de terre.

En 2009, d'importants travaux sont envisagés pour refaire les planchers à tous les étages du grand bâtiment cubique et les remplacer par des dalles de béton. L'école déménage et les classes se retrouvent à occuper des locaux de l'Institution Saint-Louis de Gonzague. Le bâtiment est un vaste chantier.

12 janvier 2010, le tremblement de terre détruit complètement le bâtiment récent de deux niveaux et abîme sérieusement le bâtiment principal qui était en cours de réfection. Il faudra se résoudre à faire abattre ce bâtiment. Tout est rasé sur la cour de Jean-Marie Guilloux.

De avril 2010 à juin 2011, les classes continueront d'être hébergées à Saint-Louis de Gonzague, mais dans des abris temporaires, car les bâtiments de l'Institution ont été détruits, endommagés et rasés. Les élèves se partagent les abris, selon les heures du jour, avec trois autres écoles : Saint-François d'Assise, Thomas Madiou, JB Dehoux.

 

Même emplacement - Nouveau local (le onzième) : 2011 - ...

L'école est entièrement refaite et agrandie.

À la rentrée 2011, un an et demi après le séisme, les élèves occupent des locaux tout neufs dont la construction a été financée par "Food for the Poor". C'est la première école du centre ville à être reconstruite après le tremblement de terre. L'inauguration du nouveau Jean-Marie Guilloux a lieu le 5 octobre.

L'école au cours de ses 150 ans a été entièrement détruite quatre fois (trois incendies et un tremblement de terre). Elle a changé neuf fois de lieux (si on compte les locaux provisoires après des destructions) et occupé onze séries de locaux différents. Elle a été l'école de la "Maison Soulouque", "L'École Théâtre", "L'École de la rue du Centre", "L'École La Loge"... mais elle reste désormais l'École JEAN-MARIE GUILLOUX, connue de tous en Haïti.

Et l'école s'agrandit encore, puisqu'un nouveau bâtiment de six classes surgit de terre en 2013-2014 et va accueillir à la rentrée 2014 les niveaux de 7e et 8e Années Fondamentales du Troisième Cycle. Une belle façon de fêter ses 150 ans d'existence et de croire en l'avenir, comme l'oiseau mythique qui renaît toujours de ses cendres. Et avec Jean-Marie de La Mennais, le fondateur des Frères, de foi en la Providence, pour des écoles appliquées à "Faire connaître Jésus-Christ".