octobre 2013

Dimanche 20 octobre 2013 :

Le lancement de l'année du Jubilé des 150 ans des FIC en Haïti a eu lieu ce dimanche 20 octobre avec la célébration d'une messe solennelle célébrée par Mgr Guire Poulard, archevêque de Port-au-Prince, accompagné de 20 prêtres et en présence d'une assistance de 6000 personnes, en majorité des élèves de nos différentes écoles et de leurs parents et d'anciens élèves.

La cérémonie avait lieu sur les terrains de l'école Saint-Louis de Gonzague à Delmas, là où il y a trois ans près de 10 000 personnes campaient sous des tentes à la suite du tremblement de terre de 2010. Des représentants de toutes les écoles FIC actuelles participaient à cette journée : 50 délégués par école de Ouanaminthe, du Cap et de la Vallée de Jacmel étaient arrivés depuis la veille. Les représentants des Cayes et de Jacmel avaient pu faire le déplacement le jour même.

La cérémonie en plein air a pu se dérouler à l'abri du soleil grâce aux arbres et aux tentes préparées pour la circonstance. Plusieurs vastes podiums pouvaient accueillir les célébrants pour la messe, les invités, les religieux et les religieuses, les anciens élèves et les nombreux élèves participants et leurs parents.

La messe longue et priante a été l'occasion d'une action de grâces et de remerciements à Dieu d'avoir suscité le dévouement de ces missionnaires étrangers pendant 150 ans et d'avoir assuré une relève locale pour l'Église d'Haïti. Avec les Frères de l'Instruction Chrétienne se joignaient également les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny et les Pères de la Société des Prêtres de Saint-Jacques, arrivés également en 1864. La chorale Saint-Louis / Sacré-Coeur accompagnait les chants de la cérémonie, et fut spontanément applaudi pour une interprétation de Haendel à l'Action de grâce.

Après la messe des représentants de toutes les écoles de Frères actuelles, ainsi que des représentants d'écoles dont nous n'assumons plus la direction, sont venus sur le podium pour entourer le drapeau des FIC et le logo du Jubilé. Représentants actuels des dizaines de milliers d'élèves qui ont fréquenté l'une des 48 écoles où les Frères ont œuvré dans 35 localités des 10 départements du pays. Puis l'hymne créé pour le Jubilé a été interprété par des élèves de l'école St François Xavier de Ouanaminthe.

Le Frère Gildas, premier assistant de la congrégation, a mis en valeur tout le dévouement des Frères ayant oeuvré en Haïti et leur apport à l'éducation de la jeunesse, même si tout n'a pas été parfait. Il a souhaité qu'une relève nombreuse de jeunes prennent le flambeau et poursuivent de longues années le travail entrepris.

Le représentant du gouvernement, un ancien élève des FIC, comme le président actuel et son premier ministre, a exprimé au nom de l'État les remerciements de la nation pour le travail accompli que l'État n'était pas en mesure lui-même de faire pour toute la jeunesse du pays.

Le Frère Provincial a rappelé le travail des FIC sur les 150 années écoulées, et a voulu porter un regard sur l'avenir. Il a « rêvé » que pour le prochain cinquantenaire, les Frères soient impliqués dans une université des sciences de l'éducation, que la bibliothèque haïtienne soit numérisée et consultable de partout, qu'une œuvre pour les plus pauvres des pauvres soit créée en Haïti, et que la province devienne missionnaire à son tour : quatre rêves chaleureusement applaudis par l'assistance.

La cérémonie se terminait par un geste symbolique : l'École Jean-Marie Guilloux, la doyenne de toutes, fondée en 1864, remettait le coffret de l'album des 150 ans des Frères en Haïti, à la dernière née des écoles des FIC, ouverte cette année, l'École Professionnelle Frère André Guimond de La Vallée de Jacmel. Une façon de souhaiter autant d'années à cette nouvelle école, et une longue vie aux écoles actuelles, en dépit de toutes les circonstances, crises, séismes et soubresauts de l'histoire.

Chaque école va tout au long de l'année célébrer à sa façon et dans sa localité le jubilé des 150 des FIC. Nous publierons les relations qui nous en parviendront. Nous souhaitons une année fructueuse aux FIC, aux élèves, aux professeurs, aux parents, aux anciens, aux laïcs mennaisiens et aux amis des Frères.

(Des photos sont disponibles sur la galerie de photos de ce site)

 

 

Dimanche 27 octobre 2013 :

Concert de la Chorale Sacré Cœur-Saint Louis

à la chapelle de Saint-Louis à Delmas 31 de 11 h am à 1 h pm.

Thème :  LES  COMPOSITEURS  HAÏTIENS

avec la participation de 

Micheline Laudun Denis

Nicole Saint Victor

Monette Alcin

Josué Alexis

Micheline Dalencour

Alzire Rocourt

Jamie Cartright

Jonathan Pérodin

 

+ un sextuor à cordes

 

ENTRÉE  LIBRE

 

STANDING OVATION POUR LA CHORALE SAINT-LOUIS / SACRÉ-COEUR

 

C'est le Frère Joseph Bellanger, à l'époque directeur de Saint-Louis de Gonzague, qui a eu l'idée en 1996 de jumeler la chorale de Saint-Louis (lancée plusieurs années auparavant par le Frère Serge Larose) et celle de l'Institution du Sacré-Coeur (initiative, en 1988, de la Soeur Jeanine Nonez). 

Ces deux chorales étant en 1996 dirigées par le même maestro, également professeur de Mathématiques aux deux établissements, la fusion fut relativement aisée. La première répétition générale eut lieu en novembre 1996, et dans la nuit du 24 décembre, la chorale faisait sa première apparition publique pour la veillée de Noël.

Depuis la chorale est unanimement appréciée, et s'est produite en concert dans plusieurs salles à Port-au-Prince, aux Gonaïves, au Cap-Haïtien et aux Cayes.

Elle a créé à l'occasion de son dixième anniversaire en 2006 le «Festival des Chorales», manifestation musicale rassemblant plusieurs chorales de la capitale et dont elle a ensuite successivement confié d'accueil et l'organisation à la Chorale Paroissiale de la Cathédrale Sainte Trinité (2007), au Choeur Polyphonique NELA (2008) et à la Chorale Paroissiale de Sainte Claire (2009).

Elle a également lancé en novembre 2010 les «Matinées Musicales» regroupant plusieurs artistes haïtiens oeuvrant dans le domaine de la musique classique. Il y a eu ainsi les Matinées Romantique, Tzigane, Germanique, Choeurs et Airs d'Opéras Français, Matinée de Valses.

Aujourd'hui, dans le cadre du Jubilé des 150 ans en Haïti des FIC, honneur aux compositeurs haïtiens avec cette «MATINÉE DE COMPOSITEURS HAÏTIENS». Programme très riche couvrant les genres et les époques et une interprétation remarquable de la chorale et des artistes participants : Micheline Laudun Denis (piano), Micheline Dalencour (piano), Nicole Saint-Victor (soprano), Monette Alcin (soprano), Alzire Rocourt (mezzo-soprano), Jamie Cartright (mezzo-soprano), Josué Alexis (piano), Jonathan Pérodin (violon), Domingo Morett (ténor) et le sextuor à cordes (Dorothy Adolphe, Jaël Auguste, Nadège Germinal, Jonathan Pérodin, Sarah Colimon, Steeve Colimon).

À la fin du concert, l'assistance debout, a longuement applaudi ces artistes remarquables pour ce magnifique concert à la gloire de la musique d'Haïti.

Toutes les félicitations au maestro Will Hodgson, l'âme de cette chorale Saint-Louis / Sacré-Coeur, pédagogue remarquable, musicien de talent et Maître organisateur de ces matinées musicales dont le succès ne se dément pas.

Les nombreux Frères musiciens ayant accompagné les jeunes de nos écoles à travers tout le pays durant ces 150 ans ont dû être ravis de cette prestation remarquable et apprécié que le grain semé produit des fruits excellents.

( Des photos sont disponibles sur la galerie de photos de ce site )

Un article du Nouvelliste

150 ans en Haïti ! Les FIC lancent leur Jubilé !

Le Nouvelliste  le :21 octobre 2013

 Thierry Endrick CARRÉ

Le dimanche 20 octobre 2013, les Frères de l'Instruction Chrétienne ont ouvert le jubilé des pre-miers 150 ans de leur présence en Haïti (1864-2014).Une cérémonie solennelle s'est tenue dans l'enceinte de la prestigieuse Institution Saint-Louis de Gonzague, l'un de leurs plus éloquents fleuron.

8h. Les premiers invités franchissent les grilles du célébrissime établissement scolaire. Des professeurs. Des parents. Des élèves. Des amis. Des admirateurs. Des religieux et religieuses. Mais surtout d'anciens élèves provenant de tous les coins et recoins du pays, réunissant plus de trois générations venues saluer l'œuvre remarquable de leurs augustes formateurs. Des hommes politiques de renom. Des économistes chevronnés. Des hommes de loi ayant pignon sur rue. Des hommes d'affaires réputés. Des chefs d'entreprise à succès. De grands investisseurs. Des industriels respectés. Des ingénieurs, des médecins, des agronomes de prestige. La fine fleur du milieu culturel haïtien. La crème de la crème de la société. Comme si, pendant un siècle et demi, du moule de ces hommes de sacrifice, année après année, décennie après décennie fut tissé l'un des plus grands contingents de l'élite haïtienne.

Guidés par les finissants de l'Institution Saint-Louis de Gonzague au maillot blanc floqué du logo jubilaire, les convives sont conduits sur les stands et ilots en blanches planches et en métal construits de part et d'autre d'un podium gigantesque, entre les rangées rectilignes de chênes, d'acajous, de neems aux cimes invisibles. Cette architecture pleine d'allure montée dans le décor naturel d'un des vastes sous-bois de l'école a tout l'air d'un clin d'œil discret à ces générations et générations de « frères-jardiniers » qui se sont évertués partout où ils sont passés à semer, planter, cultiver au sens propre comme au figuré.

8h30. Un cortège de bus imposants se garent sur une cour secondaire. Des centaines d'élèves en uniformes blancs en sortent, alignés deux par deux. Une vingtaine de filles. Une majorité de garçons. Ce sont les délégations d'élèves et de professeurs des écoles FIC du Cap-Haïtien, de Ouanaminthe et de La Vallée, rejointes par celles de St Louis-primaire et de Jean-Marie Guilloux, avant de se mettre au pas de marche pour une procession ordonnée, rythmée par les percussions et les trompettes de la fanfare de Saint-François Xavier dirigée par le frère Milo Frédérique. Le grand public découvre l'hymne du cent-cinquantenaire.

Eucharistie d'Actions de Grâce. S'il y a un trait de caractère qui cristallise la vie des institutions FIC c'est bien la discipline. Et tous ses corollaires que sont la rigueur, l'intransigeance, la ponctualité... La cérémonie de lancement de leur jubilé ne saurait s'en démarquer.

9h00. 9h00 précise. La chorale entonne les premiers airs de « Jubilate Deo » pour accompagner la procession d'entrée des Frères jubilaires. Ils sont 53 au total. Beaucoup de cheveux blancs ou grisonnants. Une bonne poignée de jeunes frères... tous Haïtiens. Les derniers Frères français et canadiens de la province d'Haïti touchent tous à la sagesse de l'âge. Peu de soutanes. Tout juste 4. La majorité des frères est en costard-cravate. Les temps ont bien changé. Il semble loin l'époque où les frères se comptaient en centaines de soutanes blanches, sillonnant le pays pour « faire connaître Jésus-Christ » aux enfants et aux jeunes. La crise des vocations est passée par là.

Sous la baguette du dynamique monsieur Will Hodgson, la chorale enchaîne avec « Peuples battez des mains ». Procession d'entrée de Monseigneur Poulard, accompagné de tout l'éventail des servants de messe : céroféraires, cruciféraires, cérémoniaires, thuriféraires, naviculaires, acolytes ; et d'une vingtaine de concélébrants, dont plusieurs proches ou aumôniers des Institutions FIC à travers le pays. Dans ses commentaires d'entrée, le Frère Yves rappelle que trois congrégations sont réunies pour lancer leur jubilé en ce jour : les FIC, les Sœurs de Cluny et les pères de St Jacques, tous présents dans le pays depuis 1864, en retombées au Concordat de 1860.

 L'homélie de circonstance a également souligné l'historique des congrégations avec un subtil parallèle avec l'évangile du jour. « Vous devez continuer la lutte ! », a crié le curé de la paroisse du Sacré-Coeur, le père Hans Alexandre. Au cours de l'offrande, les logos des 3 congrégations jubilaires sont déposés devant l'autel. Le logo de la Société des pères de Saint-Jacques en hommage « aux 881 Pères qui ont quitté la Bretagne, ne craignant ni les difficultés, ni la solitude », celui des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny qui « ont donné leur vie dans les écoles, les dispensaires, les orphelinats... » et celui des FIC.

11h12. Au terme de la cérémonie eucharistique, le représentant de l'archevêque prononce son allocution de circonstance exhortant les frères « à jubiler, (crier) de joie » et « à ne pas avoir peur de l'avenir.»

Cérémonial final 12h05. Après une copieuse collation, place au cérémonial final qui débute par l'entrée solennelle du drapeau accompagnée par l'équipe de percussion de la doyenne des institutions scolaires FIC : le collège Jean-Marie Guilloux. Suivra l'hymne du Jubilé chanté par les représentants (et les représentantes) de l'école Saint-François Xavier de Ouanaminthe. L'une des trois écoles mixtes du réseau FIC.

12h20. Allocution du représentant du supérieur général de la congrégation des Frères de l'Instruction Chrétienne, le Fr Gildas qui a renouvelé l'engagement des frères à « ouvrir l'intelligence des jeunes. », tout en remerciant les parents présents d'avoir « fait confiance aux FIC ». Le numéro 2 de la congrégation a conclu en s'adressant aux frères : « Faites en sorte que notre aujourd'hui soit un présent pour les générations futures. »

12h45. Petit moment symbolique avec le passage d'un coffret-héritage d'un représentant de la doyenne Jean-Marie Guilloux à des représentants du dernier né des FIC, l'Ecole professionnelle de La Vallée.

12h53. Intervention de monsieur Grégory Mayard Paul, ancien élève de l'Institution Saint-Louis de Gonzague, représentant du président de la République, son excellence monsieur Michel Martelly, lui aussi ancien de Saint-Louis. Tout en excusant l'absence du président, monsieur Mayard-Paul a souligné les principes qui ont marqué son passage chez les FIC : le respect de l'ordre, le don de soi, le partage, l'amour. Le conseiller spécial de son excellence a rappelé la mémoire de certains frères remarquables : Fr Joachim, Fr Ephrem, Fr Raphaël... Avant de finir par le leitmotiv qui ponctuait souvent ses journées de classe à Saint-Louis : « Toujours plus haut ».

Le Frère Hervé Zamor, provincial des FIC d'Haïti, conclut ce cérémonial en dressant un bref historique de la congrégation en Haïti : « L'arbre, planté dans la terre d'Haïti Thomas, - Ayiti tè glise, pays exposé à toutes sortes de cyclones, d'ouragans et de tremblements de terre -, le 13 mai 1864, par quatre vaillants jardiniers : frères Athénodore, Clément, Corentin et Hyacinthe, et aujourd'hui vieux de 150 ans, est bien vert et promet encore d'abondants fruits. De 1864 à nos jours, outre les ouvriers autochtones, 615 autres, de dix nationalités différentes (484 Français, 99 Canadiens, 19 Espagnols, 7 Américains, 2 Guadeloupéens, 1 Sénégalais, 1 Grec, 1 Égyptien et 1 Anglais), ont bêché, planté, arrosé, émondé pour que le Maître de la Vigne, le seul qui donne la croissance, puisse bénir le travail de leurs mains. »

Avant d'exposer les grands rêves de la congrégation pour le 4e cinquantenaire :

« 2024 : - Les frères et les laïcs mennaisiens dirigent une Faculté des sciences de l'éducation et forment des professeurs de qualité dont le pays a tant besoin. - L'enseignement numérique et la pédagogie sont des priorités de l'apprentissage pour former des jeunes inventifs et créatifs.

2034 - La Bibliothèque haïtienne des frères est numérisée, et le chercheur de la Chine, de la Nouvelle Zélande, ou le jeune de la commune de Mont-Organisé peut y avoir accès, de son bureau de travail ou de sa classe. - Les professeurs ne répètent plus des cours mais forment des élèves chercheurs et ingénieux, impliqués dans le développement de leur pays.

2044 - Les Frères et les Laïcs mennaisiens fondent une œuvre dans une zone abandonnée du pays en faveur des enfants et des jeunes défavorisés, pour leur donner une chance à eux aussi. - Les écoles FIC d'Haïti, avec les laïcs et les professeurs, échangent et partagent leurs ressources, pour que les jeunes des villes, des campagnes ou des mornes s'enrichissent mutuellement et s'investissent pour le progrès du pays et non pour partir pour l'étranger.

2054 - Par le passé la province d'Haïti a reçu beaucoup d'autres provinces pour sa croissance. Elle décide de devenir missionnaire à son tour. - les frères et les laïcs mennaisiens d'Haïti ouvrent une mission à l'extérieur pour faire connaître et aimer Jésus aux enfants et aux jeunes. »

C'est dans cet esprit d'onirisme et d'espoir que la journée se termine, entre les retrouvailles chaleureuses et les échanges animés, la tête pleine de souvenirs et les yeux pétillant de rêves.

 Prochains rendez-vous : dimanche 27 octobre 2013, à Saint-Louis - Delmas, à 11h am, avec le concert organisé par la chorale Sacré-Coeur Saint Louis.

 

Second article du Nouvelliste

L'héritage des Frères de l'instruction chrétienne est célébré

Le Nouvelliste  le : 21 octobre 2013

 Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com

Les Frères de l'instruction chrétienne ont lancé le week-end écoulé la célébration de leurs 150 années de présence active en Haïti. 150 ans de mission qui ont permis de former plusieurs générations d'hommes et de femmes au service de l'Eglise et de la société haïtienne.

« Mon meilleur ami, c'est lui, on était ensemble chez les Frères, je vais avoir 62 ans, j'ai 56 ans de vie avec lui. S'il y a quelque chose qui nous reste, c'est le souvenir de notre passage chez les Frères. C'est cette raison qui m'a poussé à venir ici pour rendre hommage à ce que cette institution a fait pour nous », nous raconte Fritz Richardson tout souriant, à propos de son meilleur ami Yvon Romain qu'il a connu durant ses études classiques, chez les Frères de Port-de-Paix.

 Comme Richardson et Romain, ils sont quelques dizaines d'anciens élèves, qui sont venus aider à préparer la commémoration du cent-cinquantenaire des Frères en Haïti. Leur présence est motivée par l'attachement et la reconnaissance pour cet établissement qui les a façonnés. Plus connus à travers leurs écoles réputées pour la qualité de la formation qu'ils transmettent, les Frères commémorent surtout l'arrivée des premiers membres de cette congrégation religieuse en Haïti.

C'était en 1864, peu après la signature du concordat, que débarquent les premiers religieux en Haïti. A ce moment-là, c'était des jeunes volontaires âgés pour certains entre 16 et 18 ans qui ont décidé de quitter leur terre natale, la France, pour passer parfois deux à trois mois sur la mer à destination d'Haïti. Dépourvus de moyens de communication, séparés de leurs familles, ces jeunes partaient avec l'idée qu'ils s'en vont pour la vie. Parfois, peu après leur arrivée en Haïti, ils mouraient de fièvre jaune, de manque de nourriture et de problème d'acclimatation.

Les 150 années de travail de ces courageux éducateurs sont considérées par l'actuel responsable des Frères de l'instruction chrétienne en Haïti, le Frère Hervé Zamor, comme la célébration d'un héritage. « C'est tout un héritage, nous avons beaucoup reçu », a confié celui qui porte le titre de Provincial parmi les Frères. « De 1864 à nos jours, nous avons reçu 615 frères venus de la France, des Etats-Unis, du Canada, de l'Espagne, de l'Angleterre, d'Egypte, de la Guadeloupe. C'est pour cela que cette année nous voulons célébrer tout cet héritage », a confié le Frère Zamor.

C'est d'ailleurs pour la première fois que les Frères ont l'opportunité de marquer leur arrivée en Haïti. En pleine guerre mondiale en 1914, les Frères n'ont pas pu célébrer leurs 50 premières années de travail. C'était aussi le cas à l'occasion du centenaire en 1964, sous la dictature des Duvalier, il était difficile pour eux d'organiser de grands rassemblements. Cette année, les Frères sautent sur l'occasion pour célébrer, durant toute une année, de la plus belle des manières, le travail qu'a effectué cette congrégation qui a contribué à l'éducation de plusieurs générations d'Haïtiens. « C'est un lourd héritage qu'il revient à nous autres Haïtiens de gérer. Nous avons pour responsabilité de maintenir la réputation de qualité que nous ont laissée les Frères qui étaient avant nous, en ce qui a trait à l'éducation transmise dans nos différents établissements scolaires », a fièrement dit Hervé Zamor.

Parmi les 53 frères qui forment actuellement la Province, on ne décompte pas moins de 36 Haïtiens. Ce qui constitue un succès au regard de l'objectif que se sont fixé les pionniers, qui visaient de faire de l'Église haïtienne une Église qui peut se gérer toute seule. Une satisfaction que partage le Frère Yves Alain qui nous dit que cette célébration marque « 150 années de présence et d'activités missionnaires qui ont contribué au développement de l'Église en Haïti, pour arriver à une Église qui, aujourd'hui, peut fonctionner par elle-même. « C'était ça l'objectif, donner une formation chrétienne à la jeunesse pour que l'Église d'Haïti puisse fonctionner de par elle-même et acquérir son autonomie », a déclaré avec satisfaction le Frère Alain.

Cette année de célébration du cent-cinquantenaire de la présence des Frères dans le pays a commencé le dimanche 20 octobre par une cérémonie eucharistique célébrée dans la cour de l'institution Saint-Louis de Gonzague à Delmas. Des délégations venues des huit établissements que détiennent actuellement les frères à travers le pays ont pris part à cette cérémonie solennelle présidée par l'archevêque de Port-au-Prince, monseigneur Guyre Poulard. Après la cérémonie d'ouverture du dimanche, trois grandes activités seront organisées durant cette année de célébration qui prend fin en juin 2014. Le plus prochain rendez-vous est pour le 23 novembre prochain, où se tiendra un Gala de levée de fonds en vue d'appuyer les œuvres des Frères de l'instruction chrétienne dans le pays.